Pour cette communication, je restituerai les premiers matériaux d'une enquête que je mène depuis plus d'un an dans la forêt des landes sud-girondines. Mon travail de thèse s'attache à décrire la mise au travail des (sous-)sols landais par les « transitions énergétiques » de la métropole bordelaise – métropole en tant que lieu où se polarise des activités politiques, économiques, et donc des flux énergétiques. Je replace cette mobilisation des milieux de vie forestiers - parfois contestée - dans le temps long de la plantation ; dans une trajectoire qui associe cette forêt à une logique de « gisement », au moins depuis le XIXe siècle. Dans cet exposé, il ne s'agira pas tant de parler de « transitions forestières », mais de présenter une manière d'enquêter sur ce que des transitons globales, dans notre cas des transitons énergétiques photovoltaïques, font aux milieux de vie forestiers. Nous présenterons d'abord notre méthodologie, une couture entre l'ethnopragmatique et la sociologie des (contre)mobilisations énergétiques, avant de questionner les indices qui nous mènent vers cette idée de multiplication des projets photovoltaïques en forêt. Après avoir décrit les structures matérielles et mythologiques sur lesquels ces projets s'appuient et se justifient, nous nous demanderons si les filières sylvicoles pourraient trouver leur place dans ce mouvement en cours, notamment à travers le boisement compensateur. Plus que d'une transition de la production forestière vers la production solaire, peut-on parler d'une addition des activités ?